L’investissement en Société Civile de Placement Immobilier (SCPI) représente une voie privilégiée pour accéder au marché immobilier sans les contraintes de la gestion directe. Cette solution d’épargne, parfois surnommée « pierre-papier », permet aux particuliers de mutualiser leurs ressources pour acquérir un patrimoine immobilier diversifié. Face aux incertitudes économiques actuelles et à la recherche de rendements stables, les SCPI attirent un nombre croissant d’investisseurs. Ce guide analyse en profondeur les mécanismes des SCPI, leurs avantages fiscaux, les stratégies d’investissement optimales, ainsi que les risques à prendre en compte pour construire un portefeuille performant.
Comprendre le Fonctionnement des SCPI et leurs Atouts
Les SCPI constituent un véhicule d’investissement collectif permettant d’accéder indirectement au marché immobilier. Leur principe repose sur la mutualisation des fonds : une société de gestion collecte l’argent des épargnants pour acquérir et gérer un parc immobilier diversifié. Chaque investisseur devient propriétaire d’une fraction du patrimoine global proportionnellement à son apport, matérialisée par des parts de SCPI.
Le fonctionnement d’une SCPI s’articule autour de deux acteurs principaux : la société de gestion, agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), qui pilote la stratégie d’investissement et gère le parc immobilier, et les associés qui perçoivent des revenus locatifs sous forme de dividendes. Ces derniers sont généralement distribués trimestriellement et représentent le résultat net de la SCPI après déduction des frais de gestion et des provisions pour travaux.
On distingue plusieurs catégories de SCPI selon leur stratégie d’investissement :
- Les SCPI de rendement (ou de rapport) : orientées vers la maximisation des revenus locatifs
- Les SCPI de capitalisation : privilégiant la valorisation du patrimoine sur le long terme
- Les SCPI fiscales : conçues pour offrir des avantages fiscaux spécifiques (Malraux, Pinel, Déficit Foncier)
- Les SCPI thématiques : spécialisées dans un secteur particulier (santé, éducation, logistique)
- Les SCPI européennes : investissant dans l’immobilier de plusieurs pays européens
Les SCPI de bureaux dominent historiquement le marché, mais on observe une diversification croissante vers d’autres classes d’actifs comme les commerces, l’immobilier de santé, les résidences services ou la logistique. Cette diversification constitue justement l’un des principaux atouts des SCPI.
Le principal intérêt des SCPI réside dans leur capacité à générer un rendement relativement stable, généralement compris entre 4% et 6% ces dernières années, nettement supérieur aux placements sans risque comme le Livret A ou les fonds en euros des assurances-vie. Cette performance s’explique par la mutualisation des risques locatifs (un grand nombre de locataires) et la diversification géographique et sectorielle du patrimoine.
L’accessibilité représente un autre avantage majeur : alors que l’investissement immobilier direct nécessite une mise de fonds conséquente, les SCPI sont accessibles à partir de quelques milliers d’euros, voire moins via des plateformes proposant l’achat fractionné. Cette démocratisation permet aux petits épargnants d’accéder à des actifs immobiliers prime généralement réservés aux investisseurs institutionnels.
Enfin, la délégation complète de la gestion locative et technique constitue un argument de poids pour de nombreux investisseurs. Contrairement à l’immobilier direct, l’épargnant en SCPI n’a pas à se préoccuper de la recherche de locataires, de la gestion des impayés, de l’entretien ou des travaux. Cette tranquillité a néanmoins un coût, matérialisé par les frais prélevés par la société de gestion.
Optimisation Fiscale et Modes d’Acquisition des Parts
La fiscalité des SCPI constitue un élément déterminant dans la stratégie d’investissement. Les revenus générés par ces placements sont soumis à deux régimes fiscaux distincts : l’imposition des revenus fonciers pour les loyers perçus et la taxation des plus-values immobilières lors de la cession des parts.
Les revenus fonciers issus des SCPI sont intégrés au revenu global du contribuable et taxés selon son taux marginal d’imposition (TMI), auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2%. Deux régimes d’imposition coexistent :
- Le régime réel : applicable par défaut, il permet de déduire certaines charges (travaux, intérêts d’emprunt, etc.)
- Le régime micro-foncier : accessible aux contribuables percevant moins de 15 000 € de revenus fonciers annuels, il offre un abattement forfaitaire de 30%
Pour optimiser la fiscalité de leur investissement, les épargnants peuvent recourir à plusieurs stratégies. L’acquisition de parts de SCPI via un contrat d’assurance-vie permet de bénéficier du cadre fiscal avantageux de ce placement, particulièrement après 8 ans de détention (abattement de 4 600 € pour un célibataire ou 9 200 € pour un couple sur les gains). Toutefois, cette option implique généralement une performance légèrement réduite en raison des frais supplémentaires du contrat d’assurance-vie.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) constitue une alternative intéressante pour loger des SCPI, offrant une déduction des versements du revenu imposable dans certaines limites. La fiscalité à la sortie dépendra alors du mode de déblocage choisi (rente ou capital).
L’acquisition de parts de SCPI à crédit représente une stratégie particulièrement efficace d’un point de vue fiscal. Les intérêts d’emprunt sont déductibles des revenus fonciers, ce qui peut créer un déficit imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Cette approche permet de constituer un patrimoine immobilier avec un effort d’épargne limité, voire nul si les loyers couvrent les mensualités du prêt.
Concernant les modalités d’acquisition, plusieurs options s’offrent aux investisseurs :
L’achat au comptant
C’est la méthode la plus directe, où l’investisseur achète ses parts en une seule fois. Cette approche nécessite une capacité d’investissement immédiate mais permet de percevoir immédiatement l’intégralité des revenus générés par les parts.
L’acquisition à crédit
Le financement par emprunt bancaire constitue une approche privilégiée par de nombreux investisseurs. Les taux d’intérêt, malgré leur remontée récente, restent historiquement bas, et l’effet de levier du crédit permet d’augmenter la rentabilité des fonds propres investis. Les banques acceptent généralement de financer jusqu’à 100% de l’investissement en SCPI, sous réserve d’une bonne capacité d’endettement de l’emprunteur.
Les versements programmés
De nombreuses sociétés de gestion proposent désormais des plans d’épargne en SCPI permettant d’investir progressivement, par versements mensuels ou trimestriels. Cette formule, particulièrement adaptée aux jeunes actifs, permet de se constituer un patrimoine immobilier progressivement, sans attendre de disposer d’un capital important.
Le choix du mode d’acquisition doit s’inscrire dans une stratégie globale prenant en compte la situation patrimoniale de l’investisseur, ses objectifs (revenus complémentaires immédiats ou préparation de la retraite) et son horizon de placement.
Sélection des SCPI : Critères d’Analyse et Performance
La sélection judicieuse des SCPI constitue une étape déterminante dans la réussite d’un investissement immobilier indirect. Face à une offre de plus de 200 SCPI sur le marché français, l’investisseur doit s’appuyer sur des critères d’analyse pertinents pour identifier les véhicules les plus adaptés à sa stratégie patrimoniale.
Le taux de distribution (anciennement appelé rendement ou TDVM) représente le critère de performance le plus observé. Il correspond au dividende brut versé durant l’année rapporté au prix de souscription de la part au 1er janvier. Ce ratio, généralement compris entre 4% et 6%, permet d’évaluer la capacité de la SCPI à générer des revenus réguliers. Toutefois, il ne doit pas constituer l’unique critère de sélection, un rendement élevé pouvant masquer des fragilités structurelles.
L’analyse du patrimoine immobilier sous-jacent s’avère fondamentale. La diversification géographique (Paris, régions, Europe) et sectorielle (bureaux, commerces, santé, logistique) contribue à la résilience de la SCPI face aux cycles immobiliers. La qualité des actifs, leur localisation et leur adéquation avec les évolutions sociétales (télétravail, commerce en ligne, vieillissement de la population) déterminent la pérennité des revenus locatifs.
Le taux d’occupation financier (TOF) mesure le rapport entre les loyers effectivement perçus et ceux qui seraient encaissés si l’ensemble du patrimoine était loué. Un TOF supérieur à 90% témoigne généralement d’une bonne gestion locative et d’actifs attractifs pour les locataires. À l’inverse, un TOF en baisse peut signaler des difficultés structurelles ou conjoncturelles.
La capitalisation de la SCPI constitue un indicateur de sa taille et de sa capacité à mutualiser les risques. Les grandes SCPI (plus d’un milliard d’euros de capitalisation) bénéficient généralement d’une meilleure diversification et d’une plus grande stabilité dans leurs performances. Néanmoins, certaines SCPI de taille modeste peuvent présenter des stratégies de niche pertinentes.
Le report à nouveau (RAN) représente les réserves constituées par la SCPI pour faire face à d’éventuelles difficultés. Exprimé en mois de distribution, un RAN confortable (supérieur à 3 mois) témoigne d’une gestion prudente et d’une capacité à maintenir le niveau de dividende même en cas de conjoncture défavorable.
L’analyse des frais prélevés par la société de gestion revêt une importance particulière :
- Les frais de souscription, généralement compris entre 8% et 12%, sont prélevés lors de l’achat des parts
- Les frais de gestion, oscillant entre 8% et 15% des loyers encaissés, rémunèrent la gestion courante du patrimoine
- Les frais de cession s’appliquent lors de la revente des parts sur le marché secondaire
Ces frais impactent directement la performance nette de l’investissement et doivent être mis en perspective avec les services fournis par la société de gestion et les performances historiques.
La société de gestion elle-même mérite une attention particulière. Son expérience, sa solidité financière, sa transparence dans la communication et la qualité de ses équipes conditionnent largement la performance future de la SCPI. Les rapports annuels, bulletins trimestriels et documents d’information clés (DIC) constituent des sources précieuses pour évaluer le professionnalisme du gestionnaire.
L’évolution du prix de la part reflète la valorisation du patrimoine immobilier. Une progression régulière du prix de part, alignée avec l’inflation ou légèrement supérieure, témoigne d’une gestion saine. Des revalorisations trop fréquentes ou trop importantes peuvent susciter la vigilance, tout comme une stagnation prolongée.
La liquidité du marché secondaire, mesurée par le délai de cession des parts et le volume des transactions, constitue un critère souvent négligé mais déterminant. Une SCPI dont les parts s’échangent facilement sur le marché secondaire offre une meilleure flexibilité à l’investisseur souhaitant se désengager partiellement ou totalement.
Gestion du Risque et Diversification du Portefeuille
Bien que souvent présentées comme des placements sécurisés, les SCPI comportent des risques qu’il convient d’identifier et de maîtriser. Une stratégie de diversification adaptée permet de renforcer la résilience du portefeuille face aux aléas des marchés immobiliers.
Le risque de perte en capital constitue le premier aléa à considérer. Contrairement aux idées reçues, les SCPI ne garantissent pas le capital investi. En cas de dégradation du marché immobilier, la valeur des parts peut diminuer, entraînant une moins-value lors de la revente. Ce risque, atténué par la diversification intrinsèque des SCPI, reste présent, comme l’ont montré certaines corrections de valeurs lors de crises immobilières passées.
Le risque de liquidité représente une contrainte spécifique aux SCPI. Contrairement aux placements financiers classiques, les parts de SCPI ne bénéficient pas d’une liquidité immédiate. Sur le marché secondaire, le délai de revente peut s’étendre de quelques semaines à plusieurs mois selon les conditions de marché et la SCPI concernée. Dans des circonstances exceptionnelles, comme lors de la crise sanitaire de 2020, certaines sociétés de gestion ont même suspendu temporairement les transactions. L’investisseur doit donc considérer les SCPI comme un placement de moyen à long terme (8 à 10 ans minimum).
Le risque locatif concerne la capacité des locataires à honorer leurs engagements. Une conjoncture économique défavorable peut entraîner une hausse des impayés ou des renégociations de baux à la baisse, impactant directement le rendement distribué. Ce risque varie considérablement selon la typologie des locataires (administrations publiques, grandes entreprises, PME) et les secteurs d’activité concernés.
Pour atténuer ces risques, la diversification du portefeuille s’impose comme une stratégie incontournable. Cette diversification peut s’opérer à plusieurs niveaux :
Diversification typologique
Combiner différentes catégories de SCPI permet d’équilibrer le profil risque/rendement du portefeuille :
- Les SCPI de bureaux offrent généralement une stabilité appréciable mais peuvent souffrir des évolutions des modes de travail
- Les SCPI de commerces présentent des rendements attractifs mais une sensibilité accrue aux cycles économiques
- Les SCPI spécialisées (santé, logistique, éducation) apportent une exposition à des secteurs résilients mais parfois moins liquides
- Les SCPI résidentielles affichent des rendements plus modestes mais une volatilité réduite
Un portefeuille équilibré pourrait ainsi combiner une SCPI de bureaux diversifiée, une SCPI européenne et une SCPI thématique spécialisée dans un secteur porteur comme la santé.
Diversification géographique
La répartition des investissements entre plusieurs zones géographiques permet de réduire l’exposition aux risques localisés :
- L’Île-de-France offre un marché profond et liquide mais des rendements parfois comprimés
- Les métropoles régionales françaises présentent souvent un meilleur couple rendement/risque
- L’Europe du Nord (Allemagne, Pays-Bas) apporte stabilité et sécurité juridique
- L’Europe du Sud peut offrir des opportunités de rendement supérieur moyennant un risque accru
Les SCPI européennes constituent un excellent outil de diversification géographique, permettant d’accéder à des marchés immobiliers présentant des cycles économiques partiellement décorrélés de celui de la France.
Diversification temporelle
L’échelonnement des investissements dans le temps permet de lisser les points d’entrée et de réduire l’impact d’une acquisition effectuée à un moment défavorable du cycle immobilier. Les versements programmés proposés par certaines sociétés de gestion facilitent cette approche, particulièrement recommandée pour les investisseurs débutants.
Au-delà de la diversification intra-classe d’actifs, l’intégration des SCPI dans une allocation patrimoniale globale mérite réflexion. Selon leur profil et leurs objectifs, les investisseurs peuvent moduler la part des SCPI dans leur patrimoine :
- Pour un profil prudent : 10% à 20% du patrimoine financier
- Pour un profil équilibré : 20% à 40% du patrimoine financier
- Pour un profil dynamique orienté immobilier : jusqu’à 60% du patrimoine financier
Cette allocation doit s’articuler avec les autres composantes du patrimoine (immobilier direct, valeurs mobilières, assurance-vie, épargne de précaution) pour construire un ensemble cohérent répondant aux objectifs de l’investisseur.
Perspectives d’Avenir et Évolutions du Marché des SCPI
Le marché des SCPI connaît des transformations profondes qui redessinent ses contours et ouvrent de nouvelles perspectives pour les investisseurs. L’analyse des tendances actuelles et des mutations en cours permet d’anticiper les évolutions futures de cette classe d’actifs en constante adaptation.
La digitalisation de la distribution constitue l’une des évolutions majeures du secteur. Les plateformes en ligne spécialisées dans l’investissement immobilier indirect gagnent des parts de marché significatives au détriment des réseaux bancaires traditionnels. Cette transformation numérique s’accompagne d’une baisse des frais de souscription, d’une transparence accrue et d’une accessibilité renforcée, notamment via les mécanismes d’achat fractionné permettant d’investir en SCPI à partir de quelques centaines d’euros.
La transition écologique représente un défi majeur pour les gestionnaires de SCPI. Les nouvelles réglementations environnementales, comme le Dispositif Éco-Énergie Tertiaire qui impose une réduction progressive de la consommation énergétique des bâtiments tertiaires, contraignent les sociétés de gestion à engager des programmes de rénovation ambitieux. Ces investissements, s’ils pèsent temporairement sur les rendements, contribuent à pérenniser la valeur du patrimoine à long terme en évitant l’obsolescence des actifs. On observe l’émergence de SCPI ISR (Investissement Socialement Responsable) intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leur stratégie d’investissement.
L’évolution des modes de travail, accélérée par la crise sanitaire, questionne le modèle traditionnel des SCPI de bureaux. Le développement du télétravail et des espaces flexibles modifie profondément les besoins des entreprises, qui privilégient désormais des surfaces plus restreintes mais mieux situées et offrant des services premium. Les sociétés de gestion adaptent leur stratégie en conséquence, privilégiant les immeubles de bureaux répondant aux nouveaux usages (espaces collaboratifs, services intégrés, excellence environnementale) et situés dans des zones à forte centralité.
La diversification sectorielle s’accentue, avec l’émergence de SCPI positionnées sur des segments spécifiques répondant aux grandes tendances sociétales :
- Le vieillissement de la population favorise le développement des SCPI spécialisées dans les résidences seniors et les établissements de santé
- La digitalisation de l’économie soutient les SCPI investissant dans la logistique du dernier kilomètre et les data centers
- Les nouveaux modes de consommation profitent aux SCPI positionnées sur le commerce alimentaire de proximité et les retail parks
- La crise du logement dans les grandes métropoles ouvre des opportunités pour les SCPI résidentielles
L’internationalisation des portefeuilles constitue une tendance lourde. La part des actifs situés hors de France dans le patrimoine des SCPI augmente régulièrement, atteignant près de 30% pour certaines d’entre elles. Cette diversification géographique, initialement concentrée sur l’Europe de l’Ouest (Allemagne, Benelux), s’étend progressivement à l’Europe du Sud et de l’Est. Quelques sociétés de gestion pionnières explorent même des opportunités en dehors du continent européen, notamment en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique.
Les innovations financières enrichissent l’univers des SCPI et brouillent les frontières avec d’autres véhicules d’investissement immobilier. On observe le développement de SCPI à capital fixe offrant une liquidité renforcée, de SCPI thématiques ultra-spécialisées ou encore de formules hybrides combinant les caractéristiques des SCPI et des OPCI (Organismes de Placement Collectif Immobilier).
Face à la remontée des taux d’intérêt, le marché des SCPI traverse une phase d’ajustement. Après des années de compression des taux de rendement immobilier, parallèle à la baisse des taux obligataires, une normalisation s’opère. Cette période transitoire pourrait se traduire par une stabilisation, voire une légère correction des valeurs de parts pour certaines SCPI, mais aussi par une remontée progressive des taux de distribution, renforçant l’attractivité relative de cette classe d’actifs face aux placements obligataires.
Le cadre réglementaire continue d’évoluer, avec un renforcement des exigences de transparence et de protection des investisseurs. La transposition de directives européennes comme AIFM (Alternative Investment Fund Managers) ou MIF 2 (Marchés d’Instruments Financiers) impose aux sociétés de gestion des standards élevés en matière de reporting, de gestion des risques et d’information des souscripteurs.
Dans ce contexte mouvant, les SCPI conservent leur attrait fondamental : offrir aux particuliers un accès simplifié à l’immobilier d’entreprise professionnel, traditionnellement réservé aux investisseurs institutionnels. Cette démocratisation de l’investissement immobilier, couplée à la recherche de rendement dans un environnement de taux bas sur le long terme, devrait continuer à soutenir le développement du marché des SCPI dans les années à venir.
Stratégies Pratiques pour Réussir son Investissement en SCPI
Au-delà des considérations théoriques, la réussite d’un investissement en SCPI repose sur la mise en œuvre d’une stratégie personnalisée et adaptée au profil de chaque investisseur. Cette section propose des approches concrètes pour optimiser son placement en fonction de différents objectifs patrimoniaux.
La définition claire des objectifs d’investissement constitue le préalable indispensable à toute stratégie efficace. Trois profils principaux se distinguent :
L’investisseur orienté revenus complémentaires immédiats
Pour l’épargnant cherchant à générer un complément de revenu régulier, la sélection de SCPI de rendement distribuant des dividendes élevés (5% à 6% annuels) s’impose. L’acquisition au comptant sera privilégiée pour bénéficier immédiatement de l’intégralité des revenus. Une attention particulière sera portée à la régularité historique des distributions et à la solidité du taux d’occupation financier.
Exemple pratique : Un investisseur disposant de 50 000 € pourrait les répartir entre une SCPI de bureaux européenne (30 000 €) et une SCPI thématique santé (20 000 €) pour générer environ 2 500 € de revenus annuels bruts, soit environ 1 800 € nets après fiscalité (TMI à 30%).
L’investisseur en phase de constitution de patrimoine
Pour l’épargnant en phase d’accumulation, généralement en milieu de carrière professionnelle, l’acquisition à crédit présente des avantages considérables. Le recours au financement bancaire permet de constituer un patrimoine immobilier significatif sans mobiliser une épargne importante, tout en bénéficiant d’une optimisation fiscale via la déduction des intérêts d’emprunt.
La stratégie optimale consiste à structurer le financement de manière à ce que les revenus locatifs couvrent largement les mensualités du crédit, créant ainsi un investissement autofinancé. Dans certains cas, un léger effort d’épargne mensuel peut être nécessaire, particulièrement dans le contexte actuel de remontée des taux d’intérêt.
Exemple pratique : Un cadre de 40 ans souhaitant préparer sa retraite pourrait emprunter 150 000 € sur 20 ans au taux de 3,5% pour acquérir des parts de SCPI diversifiées. Avec une mensualité d’environ 870 € et des revenus locatifs estimés à 700 € mensuels, l’effort d’épargne net se limiterait à environ 170 € par mois, pour un patrimoine immobilier de 150 000 € qui sera totalement remboursé à l’âge de 60 ans.
L’investisseur préparant sa retraite
Pour l’épargnant visant à se constituer un complément de retraite à horizon 10-15 ans, une stratégie d’investissement progressif via des versements programmés peut s’avérer pertinente. Cette approche permet de lisser les points d’entrée sur le marché et de construire méthodiquement un patrimoine générateur de revenus futurs.
L’utilisation de l’assurance-vie ou du PER comme enveloppe de détention présente des avantages fiscaux significatifs dans cette perspective de long terme. La capitalisation des dividendes pendant la phase d’accumulation, plutôt que leur distribution, permet d’accélérer la constitution du capital.
Exemple pratique : Un épargnant de 50 ans souhaitant se constituer un complément de retraite pourrait mettre en place un versement mensuel de 500 € sur un contrat d’assurance-vie investi en SCPI. Au bout de 15 ans, avec un rendement moyen de 4,5%, le capital constitué avoisinerait 130 000 €, générant environ 5 800 € de revenus annuels à la retraite.
Au-delà de ces profils-types, plusieurs stratégies d’optimisation peuvent être mises en œuvre :
La stratégie de nue-propriété temporaire
Cette approche consiste à acquérir des parts de SCPI en nue-propriété pour une durée déterminée (généralement 5 à 10 ans), avec une décote significative sur le prix de souscription (30% à 40% selon la durée). L’usufruit est simultanément cédé à un investisseur institutionnel qui percevra l’intégralité des revenus pendant la période convenue.
Cette stratégie présente un triple avantage fiscal : absence d’imposition pendant la période de démembrement (puisqu’aucun revenu n’est perçu), valorisation du patrimoine à la valeur de la nue-propriété pour l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), et calcul de la plus-value éventuelle sur la base du prix d’acquisition en nue-propriété.
Au terme du démembrement, l’investisseur récupère automatiquement la pleine propriété sans formalité ni taxation, et commence à percevoir les revenus générés par les parts.
La stratégie de diversification par millésimes
Pour les investisseurs disposant d’un capital significatif, l’étalement des acquisitions sur plusieurs années permet de diversifier les points d’entrée sur le marché et de réduire le risque lié aux cycles immobiliers. Cette approche, inspirée des stratégies d’investissement en private equity, consiste à investir régulièrement dans différentes SCPI pour constituer un portefeuille diversifié en termes de millésimes d’acquisition.
Cette stratégie se révèle particulièrement pertinente dans un contexte de marché incertain ou en phase de transition, comme actuellement avec la remontée des taux d’intérêt qui pourrait entraîner une revalorisation des taux de rendement immobilier.
La stratégie de liquidité partielle
Pour pallier le manque de liquidité inhérent aux SCPI, certains investisseurs mettent en œuvre une stratégie consistant à maintenir une part de leur investissement (typiquement 20% à 30%) dans des SCPI à capital variable réputées pour la fluidité de leur marché secondaire. Cette poche de liquidité relative peut être mobilisée en cas de besoin, tandis que le reste du portefeuille est investi dans des SCPI offrant potentiellement des rendements supérieurs mais moins liquides.
En définitive, la réussite d’un investissement en SCPI repose sur l’adéquation entre la stratégie déployée et les objectifs patrimoniaux de l’investisseur. Une approche personnalisée, tenant compte de la situation familiale, professionnelle et fiscale de chacun, permettra d’optimiser les bénéfices de ce placement immobilier indirect qui continue de séduire un nombre croissant d’épargnants français.
